Rue de la danse LIEN :
"À Saint-Denis, en banlieue parisienne, l’association Rue de la danse développe un projet chorégraphique participatif en espace urbain. À son origine, un constat : l’Université Paris 8 et le territoire qui l’accueille communiquent peu. Trois étudiants en gestion culturelle, fondateurs de l’association, ont imaginé un projet qui permette d’initier une rencontre entre des étudiants et des habitants de Saint-Denis, autour de la danse et dans la ville. L’originalité de ce projet repose sur les spécificités du territoire qui l’accueille. La ville de Saint-Denis, aux portes de Paris, est une ville jeune (30% de la population a moins de 30 ans), brassée de multiples cultures (près de 75 nationalités y sont représentées) qui possède une société civile très active au niveau associatif. D’un autre côté, l’Université Paris 8 est l’héritière de Gilles Deleuze et des valeurs de mai 68. Elle est la première en France à accueillir des formations de recherche dans des domaines artistiques et notamment en danse. Rue de la danse a donc proposé à des habitants de Saint-Denis, recrutés dans des associations locales, et à des étudiants en danse de Paris 8, de se réunir autour d’un parcours de création chorégraphique en espace urbain. Cette rencontre invite les danseurs à vivre ensemble la ville, en partageant une pratique artistique commune. Pendant trois mois, accompagnés par trois chorégraphes professionnels, les 21 participantsse sont réunis sur les places et dans les rues du centre de Saint-Denis, pour réfléchir aux enjeux urbains et proposer par le corps, une lecture chorégraphique et inattendue de la ville. Trois groupes de création se sont formés et chacun a investi un lieu pour en questionner l’usage ou l’architecture. Les participants ont eu la responsabilité collective d’une création chorégraphique qui fut présentée au public en fin de parcours. L’enjeu de ce projet in situ, est de trouver un équilibre dans le dialogue entre art et territoire. D’une part, il cherche à redonner une place au collectif dans un espace public qui tend à se privatiser. L’activité marchande y prennant de plus en plus de place, la ville serait moins un lieu de vie qu’un lieu de passages ? Par la pratique artistique, le projet revalorise l’expression du collectif pour recréer du vivre-ensemble et offrir un espace-temps de partage dans la ville. Les danseurs sont des citoyens qui reprennent possession de leur espace de parole. D’autre part, il invite à une pratique artistique attentive à l’environnement urbain. Les danseurs investissent un territoire en prenant soin de ne pas perturber les activités qui y sont présentes, ni les flux et les mouvements qui s’y déploient. Rythmes de la ville et rythmes de la danse font corps. Ainsi, en douceur au fil des ateliers, les interactions qui se nouent entre passants et danseurs sont comme des invitations à la danse. Corps dansant et corps passant se répondent mais surtout apprennent à se respecter. Car Saint-Denis, ville de la diversité, ville providence, ville éminemment culturelle, souffre également de ces richesses. Laurence Dupouy-Veyrier, directrice du service culturel de la ville de Saint-Denis en expose les difficultés. « Elle est une ville anxiogène et sensible, où le désarroi des populations pauvres s’exprime aussi dans la violence et la dégradation des espaces publics. » Insécurité pour certains, territoire de révolte pour d’autres, l’enjeu de la ville est bien de trouver l’équilibre d’un espace de vie pour l’épanouissement de tous. Depuis une quinzaine d’année, la culture est ainsi devenue une problématique transversale pour les responsables municipaux. Les tours et les barres, construites à la hâte dans les années 60-70, pour accueillir les populations immigrées, font aujourd’hui l’objet de requalifications urbaines. Et justement, Saint-Denis s’engage pour une démocratie participative. Elle fait intervenir la culture dans les programmes d’urbanisme en accompagnant des projets artistiques ou associatifs capables de montrer un autre visage de ces espaces publics : un visage citoyen, où chacun a le droit d’exister sans tourmente, sans violence, dans le dialogue et le respect. Ainsi, le projet Rue de la danse, ouvert à ce territoire, propose de refonder une dynamique artistique qui touche la ville de Saint-Denis et qui ait un impact fort sur l’image en crise de celle-ci. Il est avant tout un projet d’habitants, d’étudiants, de citoyens qui sont les porteurs, dans leur engagement collectif et chorégraphique, d’un message de paix sociale. Les danseurs offrent aux espaces urbains leurs regards artistiques, mais au-delà, ils invitent à créer des liens nouveaux, pour penser et vivre la ville autrement." DANCING CITIES, Numéro 3
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[ In Situ ]Processus de création chorégraphique en espace urbain sous la direction de Laurent Pichaud avec la participation de Laurence Nguyen-Monnot LIEU : Place du Caquet, Saint-Denis DATE : Juin 2009 FESTIVAL: Rencontre de danse contemporaine CHOREGRAPHE: Laurent PICHAUD COORDINATRICE: Claire Diraison & Marion Valentine